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Teacher Newsmagazine Volume 17, Number 5, March 2005

La folie du testage standardisé

par Ghislaine Varin

Tests, tests, tests... et de plus en plus de tests. C’est devenu une folie en éducation qui prend une ampleur très inquiétante, presque une obsession, appuyée par les politiciens et acceptée par un public mal informé. Quels sont les agents qui motivent cette poussée de testage standardisé à grands enjeux qui envahit nos salles de classe lorsque nous, les experts en éducation, reconnaissons facilement les effets négatifs de ces tests sur nos élèves, notre système d’enseignement public et notre profession.

Ceux qui appuient le testage standardisé croient que l’administration régulière de tests est bénéfique parce qu’elle pousse les élèves à travailler plus fort et force le personnel enseignant et les administrateurs à prendre l’éducation plus sérieusement. Un point de vue qui démontre clairement le manque de respect pour notre profession et pour le travail acharné que les enseignantes et enseignants font dans leurs salles de classe. De plus, les parents veulent savoir où leur enfant se situe dans la compétition maladive pour une place dans la société. Le résultat d’un test standardisé répond à ce besoin pour ces parents qui ne reconnaissent pas toute autre évaluation authentique et valable créée par les éducateurs et les éducatrices. D’autres appuient le point de vue que tous les élèves devraient tous apprendre exactement toutes les mêmes choses, tous en même temps, en utilisant tous le même matériel et en écrivant tous les mêmes tests. C’est une position qui valorise un programme d’études standardisé réduit afin de pouvoir attacher une valeur numérique à tout ce qui est relié au programme d’études. Après tout, moins il y a de diversité plus le système est facile à mesurer, à diriger et à contrôler. La compétition, l’individualisme et la conformité remplacent la coopération, la diversité et la créativité.

Ceux et celles qui s’opposent au testage standardisé le font pour des raisons qualifiées et justifiables - la promotion et la valorisation de l’éducation globale de l’enfant et son bien-être qui nous sont confiés dans notre système public. Le testage standardisé néglige des domaines importants tels que les arts, la musique, l’écriture créative, l’éducation physique, l’habileté d’analyser des données, d’évaluer l’information et de faire des connexions, la motivation, l’initiative, le jugement, la prise de décision, la pensée critique, l’attitude, l’humour, les valeurs et le civisme. De plus, le testage standardisé crée des effets négatifs sur les élèves tels que la perte de confiance, la démotivation et le décrochage surtout pour ceux qui sont déjà vulnérables, la perte de l’estime de soi, l’anxiété sachant qu’ils seront classifiés, étiquetés ainsi que leurs écoles - un classement encouragé par l’institut Fraser. Le personnel enseignant ressent de plus en plus de pression de la part des administrateurs et des parents à préparer les élèves pour ces tests imposés sachant que des heures précieuses d’enseignement de qualité sont sacrifiées pour la préparation à ces tests. Les enseignantes et enseignants comprennent que le testage standardisé est basé sur UN test administré UN jour et que les résultats seront utilisés pour évaluer notre système d’enseignement public et ses éducateurs et éducatrices, ainsi que pour justifier l’imposition de nouvelles directions en éducation. Ces tests ne tiennent pas compte de facteurs importants tels que l’indifférence de l’élève face au test, la nervosité, la fatigue, la santé et surtout le milieu socio-économique, familial et culturel de l’enfant.

Alors pourquoi ce mouvement agressif vers le testage standardisé à grands enjeux ? Serait-ce dans le but d’évaluer les enseignantes et les enseignants et de leur enlever leur statut et leur autonomie professionnels ? Pour produire des ´ standards plus élevés ª déterminés par un gouvernement motivé par l’économie et les besoins des gens d’affaires ? Serait-ce un indicateur important de la mondialisation, de la privatisation ? Une réponse à des demandes de données par les multinationales pour former une main d’oeuvre qui saura mieux servir leurs besoins dans un marché compétitif ? Une méthode pour sélectionner les élèves, pour prédire l’avenir des jeunes au détriment des groupes non dominants ? Un contrôle social ? Est-ce que les coupures budgétaires et la privatisation des services dans notre système d’enseignement public feraient partie de ce mouvement ? Nous observons déjà la présence croissante des multinationales dans nos écoles, une situation justifiable et inévitable aux yeux de certains à cause du manque de financement en éducation.

Il devient donc de plus en plus urgent que nous discutions avec nos collègues des effets nocifs du testage standardisé à grands enjeux utilisé par le gouvernement et l’institut Fraser, que nous communiquions aux parents les raisons de ces tests et nos inquiétudes basées sur une différente perspective, et que nous prostestions l’imposition de ces tests afin de protéger l’avenir de notre système d’enseignement public, et ce, pour le bien-être de nos élèves, de nos enfants et de notre société démocratique. Nous ne devons plus rester silencieux.

Références : BCTF Research, Moll, ed. (2004), Agrey (2004), Larkin et Staton (2001)

Synopsis
The increased emphasis on standardized testing in our classrooms has negative effects on students, teachers, and our democratic society. Would globalization, privatization, and social control be part of this governmental test imposition?

Ghislaine Varin, Coordonnatrice des Programmes et Services français de la FECB.



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