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Teacher Newsmagazine Volume 18, Number 3, November/December 2005

Patience, temps et persévérence

par Donald LeClair

Qui aurait cru qu’au début du vingt et unième siècle, nous aurions à livrer bataille pour ce qui nous a paru depuis toujours comme des acquis ? Que d’émotions et de sentiments mélangés avec la séquence des événements à partir de notre grève du zèle jusqu’au vote sur les recommandations de Vince Ready et le retour en classes ! Personnellement, pendant les quarante-huit heures qui ont suivi les recommandations, j’ai dû passer d’un ´ non ª catégorique rempli de frustrations à un ´ oui ª récalcitrant. Mais quelles étaient nos véritables options ? Maintenant que nous sommes revenus dans nos salles de classe, avec un peu de recul, nous pouvons mieux réaliser et savourer notre victoire politique et nos nombreux gains. Plusieurs d’entre nous ont même commencé à se préparer pour nos prochaines campagnes.

Toute la polémique s’inscrit dans un cadre beaucoup plus grand ; il faut voir le tableau entier avant de faire le point sur notre situation actuelle et notre dernière victoire. D’un côté, nous avons un mouvement néo-libéral à l’échelle internationale, extrémiste de la droite qui vise la mondialisation et de l’autre côté, nous avons les travailleurs syndiqués, avec des tendances de gauche qui revendiquent leurs droits fondamentaux et qui prônent la justice sociale. Dans cette perspective, comme suite à notre grève ´ illégale ª, nous pouvons nous demander : sommes-nous devenus par la force des choses, des anarcho-syndicalistes ? Avec la mondialisation, les États se déresponsabilisent et font tout en leur pouvoir pour diminuer les salaires, privatiser les avoirs publics, couper les services sociaux, et extorquer les acquis et les biens des travailleurs. Le système économique crée des conditions de vie inhumaines, force des millions de gens à vivre dans la pauvreté, engendre des famines et des guerres impérialistes qui tuent des millions d’innocents. À tout considéré et par rapport au monstre auquel nous faisons face, notre dernière victoire est flamboyante !

Devons-nous regretter d’avoir osé résister au régime totalitaire de Gordon Campbell ? Au contraire, nous devons en être fiers et marcher la tête haute. Nous avons dit NON à la dictature. Toute l’histoire du syndicalisme canadien, américain et européen est remplie de résistances semblables. Par exemple, en 1834, une loi française veut restreindre le droit d’association. Les travailleurs se mobilisent et font un énorme soulèvement à Lyon. C’est cette réaction qui a rendu possible le suffrage universel et la suppression de l’esclavage en 1848. Dans les années 1900, le droit de vote au Canada était déterminé par la propriété, le sexe et la race. Ce n’est qu’en 1940 que les femmes ont obtenu le droit de voter au Québec. Ce n’est qu’en 1947 que les Asiatiques ont pu voter en Colombie-Britannique. Ces règles étaient dictées par des lois. Lorsqu’un gouvernement abuse de son pouvoir législatif, il devient notre devoir moral et notre obligation de nous battre contre ses mauvaises lois. Quel que soit le pays, quand le peuple est opprimé, quand les travailleurs sont mal payés, quand les conditions de travail deviennent exécrables, le peuple se révolte. La lutte politique contre l’oppression doit donc continuer.

L’opposition des enseignants représente les premiers pas d’un mouvement qui demande des changements politiques radicaux. Les libéraux avaient déjà enlevé le droit démocratique de faire la grève aux chargés de cours de l’Université de la Colombie-Britannique, aux employés de la société des traversiers et à ceux des hôpitaux. Nous nous sommes battus pour le droit des syndicats d’exister dans notre province. Nos alliances avec le syndicat des employés de soutien (Syndicat canadien de la fonction publique-CUPE) et tous les autres syndicats doivent être considérées comme des gains importants. Comme nous avons fait les manchettes pendant plus de deux semaines, nous avons réussi à rendre publics les grands problèmes de notre système d’éducation. Les parents, les grands-parents, les étudiants, tout le monde a reçu le message de l’importance des meilleures conditions de travail et d’apprentissage, et ils nous ont appuyé malgré l’illégalité de notre grève. Notre action nous a aussi permis de recruter de nouveaux militants. Nous avions besoin de sang nouveau parmi nos activistes, de jeunes enseignants et même d’étudiants en formation des maîtres. Nous étions tous dans le même bain de solidarité, de fraternité et d’unité. Nous avons aussi gagné quelques avantages financiers pour un grand nombre de collègues. Notre cause s’est fait connaître dans toutes les communautés de la Colombie-Britannique, au Canada et partout dans le monde. M. Campbell s’est mérité deux yeux au beurre noir !

Maintenant qu’on réalise notre force et notre solidarité, c’est le moment de reconnaître l’importance de notre engagement politique. Nous avons vu ce qui arrive lorsqu’on élit des commissaires d’écoles qui ne comprennent pas leur rôle. Ce n’est pas le message de Victoria qui devrait arriver dans nos conseils scolaires, mais plutôt le message des conseils scolaires qui devrait être livré au gouvernement à propos des besoins de chaque communauté. Il faut donc écrire des lettres, discuter avec nos voisins et s’assurer que le public n’oublie pas les promesses de M. Campbell. Communiquer avec les parents se devra d’être une priorité pour qu’ils puissent tenir le gouvernement responsable des conditions d’apprentissage pitoyables auxquelles nos étudiants sont soumis. De plus, nous devrons continuer à entretenir de bonnes relations avec tous les travailleurs, car nous partageons les mêmes aspirations à la liberté d’expression et à la démocratie.

Nous vivons le début de l’émergence d’un mouvement social et nous ne savons pas ou celui-ci s’arrêtera. Chose certaine, nos efforts doivent être constants et à long terme. Le syndicalisme ne peut plus être séparé de la politique si nous voulons accomplir des transformations sociales. Face à la mondialisation, un syndicalisme rassemblé et uni peut faire une différence. Il ne faut pas lâcher !

Synopsis: Our recent illegal strike marks the beginning of a social movement that will fight the government’s attacks on teachers and all workers in British Columbia. Globalization is at the center of our problems therefore, our fight has only begun!

Donald LeClair, École des Pionniers



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