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Teacher Newsmagazine Volume 18, Number 1, September 2005

La protection de notre système d’éducation public : L’Autonomie professionnelle et la mondialisation

par Ghislaine Varin

Que veut dire "autonomie professionnelle" ? Quelle est l’importance de notre autonomie professionnelle ? Depuis longtemps nous définissions l’autonomie professionnelle par plusieurs termes tels que : liberté, choix, contrôle cognitif, réflexion critique, transformation par dialogue, responsabilité, efficacité, prise de décisions, perfectionnement professionnel, recherche-action, négociation, consultation, choix de méthodes pédagogiques, évaluation, sélection de matériels, planification, créativité, gérance, etc. Quelle que soit la définition, nous savons tous que les enseignantes et les enseignants sont les experts en éducation et que nous avons tous reçu une formation universitaire de 4 à 6 ans, et parfois plus, dans le domaine de l’éducation. De plus, nous travaillons avec les enfants tous les jours et nous savons que ces jeunes ont tous des besoins différents, qu’ils apprennent de façons variées et à différents rythmes et nous prenons les décisions nécessaires pour répondre aux besoins individuels de nos élèves. Alors pourquoi vivons-nous de plus en plus d’attaques oppressives en éducation ? Pourquoi nous sentons-nous épuisés, démoralisés ? Pourquoi plus de 40 % des nouveaux enseignants quittent-ils la profession après à peine 5 ans dans l’enseignement ? Nous subissons une invasion croissante d’impositions attaquant notre autonomie professionnelle et provenant de toutes les directions imaginables. Ces impositions incluent les modèles d’évaluation centrés sur les tests standardisés avec leurs corrections, les modèles de discipline imposés dans les écoles, les modèles de bulletin et leur contenu, la bureaucratie ridicule sous l’identité de ´ accountability ª, les décisions qui affectent le travail des enseignants mais qui sont prises sans consultation, les programmes ministériels prescrits, les nouveaux projets obligatoires dans les conseils scolaires et les écoles, les visiteurs non annoncés, l’intégration graduelle de BcISIS (système informatique) dans nos salles de classe, les législations gouvernementales nous enlevant nos droits fondamentaux, les attaques sur notre convention collective, les contrats venant de l’extérieur, la perte de contrôle de notre perfectionnement professionnel, les changements au calendrier scolaire, la commercialisation de nos écoles, les services privés recommandés par les administrateurs pour l’aide aux élèves, les conditions environnementales dans nos écoles qui affectent le bien-être des enseignants, le manque de ressources et d’appui des spécialistes, la perte de financement, l’interférence des parents dans les écoles et dans nos salles de classe, le Comité consultatif de parents, le Comité de planification scolaire, la supervision et l’évaluation des enseignants par les administrateurs, la négativité des médias, etc.

Quelle pourrait être la motivation de ces impositions ? La réponse est claire : l’élimination de l’autonomie professionnelle des enseignants afin de faciliter le contrôle de notre système d’enseignement public.

Quelle pourrait être l’origine de cette motivation ? La privatisation et la mondialisation. En éliminant l’autonomie professionnelle des enseignants, en les surchargeant, en les critiquant publiquement, en tentant de supprimer leur libre expression selon la Charte des droits, il devient facile d’exploiter un nouveau marché, celui de l’éducation. La destruction de notre profession faciliterait l’accès à un système de formation d’une main-d’oeuvre pouvant répondre aux besoins des multinationales, de la mondialisation. Selon cette approche, les intérêts du marché et de l’économie passent avant ceux de nos enfants.

Les faits et la recherche nous démontrent clairement que nous sommes en train de vivre un moment de l’histoire axée sur l’oppression, le début d’un état d’esclavage qui vise les pauvres, les femmes, les groupes minoritaires, l’environnement – tout ce que les enseignantes et les enseignants défendent depuis toujours. Lorsque les enseignants résistent ou s’objectent aux politiques d’un gouvernement, ils sont décrits comme étant ´ defiant ª, ou on réfère à leur syndicat comme étant trop puissant et ´ l’ennemi public ª. La réalité est que l’autonomie professionnelle des enseignants protège l’éducation des générations à venir. Nous devons nous défendre et nous affirmer. C’est en nous ralliant, nous appuyant les uns et les autres et en joignant le mouvement de résistance et d’opposition à la mondialisation que nous sauvegarderons nos droits. Nous sommes les défenseurs de l’enseignement public. Nous devons tous nous demander : que puis-je faire pour protéger un système de haute qualité qui est centré sur l’enfant et qui a fait ses preuves ? Nous sommes rendus à une croisée de chemins dans l’histoire de notre société où nous avons des choix importants à faire. Lorsque nous questionnons ce qui se passe dans nos écoles, dans nos communautés, dans le monde, nous défendons notre démocratie. C’est le temps de s’arrêter, de réfléchir et d’agir.

Synopsis : Teachers’ professional autonomy is being challenged by our government and is increasingly under attack. What could be the motivation and the force behind this movement? Privatization and globalization. Teachers need to fight back to protect their professional autonomy, which in turn will help safeguard our public education system and our democracy.

Ghislaine Varin, coordonnatrice des Programmes et services français.



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